Jour 130- Retour et constatations
Bouleau de merde! Usine de merde! Employés de merde! Température de merde! Ambiance de merde! On dirait que tout ce qui se fait dans cet endroit c'est de l'engueulade, de l'hypocrisie, mais surtout une interminable complainte sur les pauvres petites existances de tous et chacun. Décidement, j'entre parfaitement dans le moule et c'est ce qui me fait peur. Avec un peu de recul cependant, j'ai tout de même réalisé que, malgré tout ce que j'en dis, ce boulot n'est pas si mal. J'ai tendance à me convaincre trop facilement, ou plutôt que je reste malheureusement trop fixé sur une idée première qui est bien souvent préconçue. J'adorais mon travail de l'été dernier mais là, c'est complètement différent. Pas mauvais pour autant, mais on dirait que le fait de ne pas avoir cet autre travail que j'adorais fait que mon cerveau assume systématiquement que celui-ci est vraiment merdique, ce qui n'est pas le cas après mûre réflexion. Différent, voilà tout! Plus payant surtout, mais n'empêche, c'est beaucoup plus manuel que communicatif. J'ajoute des cordes à mon arc, c'est la meilleure façon de voir la chose. C'est quand même surprenant que je finisse par le réaliser, surmonter une idée bien imprégnée dans mon cerveau. Je ne suis peut-être pas une cause désespérée après tout. En situation critique c'est évident, mais la situation reste tout de même récupérable. Je me dis qu'avec l'université, il va surement se produire la même chose. Mon problème c'est surtout que j'ai tendance à avoir des attentes ou une image bien précise en tête. Le choc se produit en voyant que la chose est toute autre...
Constatation étrange cependant, j'ai réalisé que certaines personnes que j'aimais beaucoup avaient peut-être une place plus importante que je le croyais. J'ai beaucoup pensé aux gens que je fréquente, mais principalement à certaines personnes avec qui, à cause de la distance qui nous sépare, je n'ai jamais eu la chance de parler en face à face et, dans bien des cas, je n'ai jamais même entendu la voix. Enfin, c'est tout de même étrange de voir à quel point une relation peut s'établir malgré des centaines, voir même des milliers de kilomètres. Pourtant, malgré toute la distance, j'ai toujours l'impression que ces gens sont près de moi. Au travail la nuit dernière, je me suis surpris à passer le temps d'une bien étrange façon: j'essayais de trouver ce que je leur dirait si j'avais ces personnes en face de moi. De la véritable torture. Peser chaque mot comme si c'était le dernier et toujours chercher à trouver l'expression exacte, enfin...faire de son mieux afin de bien démontrer ce que l'on rescent. Inévitablement, le fameux ''sois heureux(se), c'est tout ce que je désire'' revenait sans cesse.
Je crois que j'en attend tellement des autres que je me brime moi-même. Comment peut-on s'attendre à ce que les autres soient heureux si on ne l'est pas soi-même? En fait, j'ai surtout réalisé que j'étais heureux. Évidement, j'avais des coups de blues parfois, mais de façon générale, je crois que j'ai tendance à trop dramatiser. Je n'ai pas de quoi me plaindre en fait..même si c'est ce que je fais de mieux. Le bonheur est là, il est accessible. Je ne sais simplement pas comment être heureux, ou du moins, je crois que je ne sais tout simplement pas en profiter. Oui ça va, non ça ne va pas. Peu importe, le fait est que rien n'est jamais noir ou blanc, mais un gris pâle vaut toujours mieux qu'un gris foncé!

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