Jours 162, 163 et 164 - Déménagement, adaptation et intégration
En deux mots, c'est un véritable choc culturel que j'ai vécu. Un léger traumatisme, rien de plus en fait. Je crois que j'ai tout simplement tendance à m'impressionner avec pas grand chose.C'est sûr, ça fait beaucoup de changements tout d'un coup: nouvelles personnes, nouvelles chambre, nouvelle vie...une nouvelle étape quoi! Enfin, rien d'insurmontable et après tout, ce n'est pas comme si je n'avais pas eu le temps de me faire à l'idée. Pourtant, entre l'idée et la réalité, la différence est énorme. Platon lui-même se retournerait surement dans sa tombe à m'entendre parler ainsi. Mais bon, tout ça pour dire que je suis maintenant Trifluvien, en théorie plus qu'en pratique.
''On peut sortir le gars de la campagne, mais on ne sort pas la campagne du gars''
Au fond de moi, j'ai l'impression d'en avoir laissé beaucoup trop derrière moi. C'est peut-être ce que je devais faire, dans une certaine mesure. J'ai vidé mon placard pour en remplir un autre, autant au sens figuré que réellement. Comme on le dit, il faut savoir en prendre et en laisser, ou encore ''Pousse mais pousse égal''. Enfin, tout ça n'a pas vraiment d'importance, je crois être encore le même que j'étais, j'ai seulement un peu plus de vécu maintenant. J'espère seulement que je ne changerai pas trop, même si cela s'opère de façon naturelle. En fait, je veux surtout minimiser les changements radicaux dans ma tentative de découvrir ma personnalité qui se dessine malheureusement pas aussi rapidement que mon hamster cérébral est en mesure de courir, il commence à s'essoufler. De toute façon, ce n'est pas comme si le changement était quelque chose d'anormal. Il ne reste plus qu'à espérer que je serai en mesure de m'endurer moi-même et, avec un peu de chance, je réussirait même à me respecer pour,éventuellement, être en mesure de me faire respecter.
J'ai donc un nouveau chez-moi, un nouvel environnemenr tout blanc à habiter. Ce n'est pas trop mal,je dirais même que je l'aime bien. Tout est neuf, tout est frais, tout est pour moi. Je dois avoir l'air égoïste de penser ainsi, mais pourtant j'éprouve une certaine fierté à pouvoir dire ''mon'' ou ''ma'' d'un objet sans sous entendre que c'est un bien familial. J'ai de la chance, j'en suis conscient. Tout est adapté pour moi, placé par moi. C'est assez bizarre quand on considère que j'ai passé les 19 dernières années à tout partager avec les membres de ma famille...elle me manque. Ici, j'en sais trop rien. J'ai des colocataires avec qui je n'ai jamais frachi le cap d'une discussion, stoppant généralement au stade de salutation, question de minimiser les contacts. Je crois être quelque peu agoraphobe. Pourtant plus le temps passe, et moins j'ai l'impression que je suis compris, écouté ou respecté par les autres, fort probablement à cause que ce sont là trois choses que je ne suis même pas capable de faire face à moi-même. J'ai peut-être peur pour rien, mais pourtant j'ai toujours l'impression d'appartenir à un autre monde, surtout un monde auquel ils sont parfaitement étranger. Nous vivons sous le même toit, pourtant je n'ai pas l'impression que la situation va changer. Je suis insociable volontairement, trop entêté peut-être.
L'adaptation est moins pénible que je l'aurais espéré. En fait, mes habitudes de vies sont restées les même, donc sur ce point, je n'ai pas à me plaindre. J'ai toujours été à mon affaire et pour l'instant tout est comme avant. Je fais ce que j'ai à faire et je ne dérange personne, du moins je l'espère. Seulement, il y a une foule de petits détails qui m'apparaissent comme un peu étrange ici, principalement au niveau des expressions. En fait, on en entend de toutes les sortes puisqu'il y a des gens d'un peu partout. L'épicerie aussi c'est quelque chose de spécial. En fait, je crois que je n'ai pas vraiment compris les rudiements du panier d'épicerie, manque d'efficacité. Les spécialités régionales sont différentes ( des rondelles d'oinion avec du miel...et quoi encore?? ). Enfin, une foule de petits détails avec lesquels je vais devoir apprendre à vivre, rien d'extraordinairement perturbant, fort heureusement.
Inévitablement, on retrouve les initiations. Je n'ai jamais vraiment compris réellement le but de ce genre d'événements. Une visite guidée et quelques situations qui forcent les rappochements suffiraient sans qu'on ai à payer une fortune pour un déguisement abominablement laid qui, en bout de ligne, perd de son originalité puisque tout le monde fait exactement la même chose. Enfin, j'ai tout de même participé, question de me prouver à moi-même que j'étais peut-être en mesure de communiquer malgré mon antipathisme naturel. Chose surprenante, je créé quelques relations. Apparemment, je ressemble a deux personnes, peut-être que ça joue en ma faveur. Enfin, tout cela pour dire que j'arrive à créer des liens avec des gens, je trouve que c'est tout de même pas trop mal pour quelqu'un de particulièrement insociable. Je crois que tout dépend du milieux dans lequel je me trouve. Mais encore là, ces personnes sont sympathique et déjà j'ai hate à demain pour les revoir. Cependant, ce sont peut-être de futurs amis, mais ce ne sont pas MES amis, ceux d'avant, ceux avec qui j'ai déjà eu du plaisir, ceux avec qui je pouvais dire n'importe quoi... ceux pour qui j'aurais tout fait.C'est différent, mais je crois que je devrai me faire à cette différence....
Pourquoi

0 Comments:
Publier un commentaire
<< Home