mardi, octobre 11, 2005

Jour 198- Apprentissage

La gestion du temps est tout de même quelque chose qu’il faut maîtriser. Je dirais que je me débrouille relativement bien, fort probablement parce que je suis quelqu’un de naturellement stressé et que le travail de dernière minute sous une pression excessivement forte ne m’intéresse pas le moins du monde. Cependant, j’ai la fâcheuse tendance à toujours oublier que certains facteurs peuvent jouer contre moi, facteurs autres ou facteurs X on peut dire. Enfin, le fait est que les imprévus sont généralement assez nombreux à croiser ma route, à mon grand désarrois. Mais bon, tout cela pour dire qu’un voyage en métro qui devrait logiquement prendre 35 minutes peut facilement en prendre 55 et impliquer une dépense de 52,20$ en taxi Montréal/Melocheville. Arnaque je dirais, surtout lorsqu’on considère que le tarif de l’autobus qui effectue le même trajet avec un chauffeur tout aussi bête mais qui comprend le français doit tourner autour de 5,00$ avec un semblant de service beaucoup plus efficace.

Le fait est que je remet désormais ma prudence en question. J’ai l’impression que malgré mes précautions, je n’arrive pas toujours à m’en sortir de la façon dont je le voudrais. J’ai beau me prémunir du mieux que je le peux afin de survivre à chaque situation, il ne reste bien souvent en effet que le terme ‘’survie’’ pour décrire mon état après avoir vécu certains événements. Enfin, rien de drastique, ma vie n’a vraisemblablement jamais été en réel danger de mort ( à quelques reprises oui cependant, mais bon, je n’ai pas envi de m’attarder sur une anecdote aussi banale ). Alors me voilà donc en train de me demander si j’ai réellement fait tout ce qu’il fallait car évidemment mon fond de culpabilité refait surface à chaque fois que quelque chose ne tourne pas comme je l’aurais voulu. L’inévitable questionnement à savoir si j’ai fait correctement tout ce que j’avais à faire, si mon degré de sécurité était correct…tous ces détails à considérer en plus des innombrables questionnements à savoir ce qui serait arrivé si j’avais fait tel ou tel choix et ce qui n’aurait pas eu lieu si j’avais pris telle ou telle décision. Mais bon, encore une fois, je baigne jusqu’au cou en pleine crise du A+B=Univers des possibles.

Il m’arrive parfois de me demander ce que les choses auraient été advenant que j’aurais pris d’autres décisions dans ma vie. Je sais que ce jeu est stupide, utopique même, mais en même temps j’ai l’impression que comme ça je me serait évité bien des erreurs. Invariablement, une bonne action en engendre une autre mais implique par le fait même l’arrivée de nouvelles erreurs qu’il serait possible de commettre. Cependant, mon cerveau tente de ne pas y penser, se contentant généralement d’imaginer ce qui serait advenu si je n’avais pas commises celles qui ont été commises.

Plus j’y pense et plus je réalise que je me suis trompé ici une fois de plus. Est-il réellement question d’erreur? Qu’est-ce qui différencie réellement une erreur d’une mauvaise expérience ou simplement de quelque chose qui a mal tourné. Dans un cas comme dans l’autre, il est évident que quelque chose a mal été, mais le fait est que l’expérience permet toujours de grandir. Enfin, si nous n’en grandissons pas, ce sont fort probablement aux autres que l’expérience sera profitable. On apprend de nos erreurs comme on dit. Pourtant, j’aime apprendre, j’ai besoin d’être stimulé intellectuellement, de me poser des questions, de chercher des réponses et tout le tralala, mais pourquoi ai-je si peur de me tromper si c’est l’une des meilleures façon d’apprendre? Je n’en sais rien, fort probablement à cause de mon éducation ou d’un truc du genre, ou sinon peut-être que la réponse consiste essentiellement en ce que j’ai appris aujourd’hui : le prix de l’apprentissage commence à 52,20$!