samedi, novembre 26, 2005

Jours 243 et 244- Bercail et relations

Une fois de plus, me revoilà ici. Enfin, ici, chez moi, chez nous…peu importe, retour aux sources, au bercail! Mon village natal quoi…. Toujours spécial quand j’y pense. Remettre les pieds dans cet endroit qui a constitué l’essentiel de mon existence pendant 19 ans et maintenant débarquer ici comme un étranger, un ami de longue date qu’on oublie aussitôt qu’il disparaît. J’ai un peu de mal à m’y faire je crois, c’est comme si je ne pouvais pas supporter le fait que d’être loin m’écartait forcement. Les choses changent ici sans que je ne sois mis au courrant avant de le constater, bien souvent beaucoup trop tard, par moi-même. C’est comme si le fait d’être parti m’avait complètement coupé de tout ce qui était. Dans ma tête, j’ai parfois l’impression que rien ne se passe en mon absence, que je n’ai qu’à revenir pour que les choses se remettent en marche et recommencent là où je les ai quitté, mais pourtant la réalité est toute autre….le monde change, un peu trop vite, et moi aussi. En tout cas, me revoilà donc une fois de plus. Bouleversement intérieur encore une fois. La preuve : j’suis encore en train d’en parler ici.

Mais bon, aussi bien se faire à l’idée, rien ne sera plus comme avant. Les choses changent, les gens changent, voilà tout. Aussi bien faire avec ce qui nous est proposé sinon on n’a pas fini de se taper la tête sur les murs et de s’arracher les ongles à coups de dents. De toutes façon, ‘’the show must go on’’ comme on dit. À quoi bon s’attarder à essayer de prévoir ce qui sera…le futur sera ce qu’il sera voilà tout. En fait, ce que j’ai surtout réalisé, c’est que le futur ne change pas le passé, il ne fait que l’allonger, rien de plus. J’en ai marre de m’attarder toujours à ce que les choses pourraient être. Le présent est un temps que je néglige trop. Enfin, j’ai de bien belles résolutions mais très peu de volontés.

J’aimerais que les choses soient comme elles sont, mais simplement un peu plus faciles à saisir, à comprendre. La vie a le grand désavantage de ne pas venir avec un mode d’emploie. Mais bon, pourquoi me plaindre…au point où j’en suis. De toutes façons, je me sens mieux. Pas forcement bien, mais simplement mieux, voilà!

Revoir mes amis, une vraie bénédiction. Une fois de plus j’en reparle, mais pourtant je crois que je néglige un peu trop cet aspect de ma vie. Quoi que je puisse en dire, je suis complètement dépendant du contact avec les autres. Pourtant, j’ai tendance à le nier, même si c’est le principal critère qui m’a dirigé dans mon champ d’études actuel. Mais bon, voir mes amis m’a fait un bien énorme je crois. Avec la distance qui nous sépare, je réalise qu’être auprès des gens que j’aime devient presque un luxe, quelque chose que j’aime par-dessus tout mais que je ne peux malheureusement pas me permettre à tous les jours.En y pensant vraiment, je réalise surtout que l’amitié est quelque chose que je me dois d’entretenir, mais les liens qui existent peuvent être mis au placard sans jamais s’estomper. Évidemment, le rapport peut changer quelque peu, mais ce qui est existe et existera, voilà tout. Je ne suis pas seul, je suis compris, je suis apprécié, je suis quelqu’un…imparfait, mais n’empêche, personne d’autre que moi ne s’attend à de la perfection de ma part…besoin de plaire j’imagine. Le simple fait de voir que ces personnes sont là, qu’elles m’apprécient, que les choses sont comme elles étaient même si nous avons tous changé, je crois que je n’aurais pas pu imaginer quelque chose de mieux. J’ai toujours été traumatisé à l’idée que je pouvais perdre ce que j’ai, mais pourtant maintenant je sais que les choses vont et viennent, que c’est dans la normalité, mais que d’un certain côté, l’évolution se fait généralement en parallèle. Mais bon, tout ça pour dire qu’hier j’ai eu droit à ma petite dose de bonheur instantané, chose qui me manque en fait dans ma vie de tous les jours. Si seulement j’arrivais à avoir du plaisir seulement 1h par jours, tout serait tellement plus simple…