Premier down officiel de cette fantastique année 2006, le 5 janvier, enfin, c'était quelque peu prévisible je dois l'avouer. Disons que j'en ai souvent fait hallusion au cours de mes messages sans réellement élaborer sur le sujet, hormis quelques lignes où j'ai été un peu plus explicite au tout début de cette aventure dans laquelle je me suis jeté en mars dernier.Alors, voilà l'histoire de ma vie. En fait, je me rend compte que j'aurais peut-être du la mettre par écrit il y a longtemps de ça, question de me torturer la tête bien comme il faut mais d'en finir une bonne fois pour toute, de faire le tour de la question pour finalement être en mesure de passer à autre chose, sans toutefois l'oublier car de toute évidence j'en serais incapable.
Aujourd'hui, 5 janvier 2006, à pareille date il y a 4 ans jour pour jour, ma grand-mère maternelle célébrait son 75e anniversaire de naissance. Disons simplement que les circonstances n'étais pas trop à la fête. Le party de famille s'est plutôt déroulé à son chevet, à l'hopital car elle était mourrante. Aujourd'hui, le 5 janvier 2006, à pareille date il y a 4 ans jour pour jour, ma grand-mère maternelle venait de mourir. Cancer, rien d'extraordinaire, assez banal même je dirais, tout le monde meurt de ça dans ma famille alors pas de quoi être surpris. L'ennui avec cette foutue maladie c'est qu'elle est un peu comme les américains: s'implante par-ci par-là jusqu'à avoir le monopole sur tout. C'est de la vraie merde, enfin, on fait avec ce qu'on a.
C'est arrivé quand j'étais en secondaire 4, j'allais avoir 16 ans pas longtemps après. En fait, c'est un âge où, malheureusement, on comprends trop bien de quoi il est question. J'ai eu la ''chance'' si on peut l'exprimer ainsi de perdre mes grands-pères lorsque j'étais jeune ( 2ans et 7 ans ) de telle sorte que je n'ai pas vraiment compris de quoi il était question et, en même temps, le deuil ne fut pas vraiment quelque chose qui m'a affecté à l'époque. Enfin, le fait est que c'est arrivé tout juste après les fêtes. À l'époque, j'aimais bien les fêtes, mais depuis, plus rien n'est pareil...plus rien ne sera plus jamais pareil.
Ma grand-mère et moi n'étions pas très près l'un de l'autre, et plus le temps passait plus nous nous éloignions, mais en même temps, elle restait ma grand-mère, et pour une raison que je m'explique mal, j'ai toujours été son préféré. Elle n'a jamais été bavarde, pas parce qu'elle n'avait rien à dire, mais certains troubles de santé l'avaient gravement limités dans ses actions, ce qui a eu pour résultat de la refermée un peu sur elle-même. Au fond de moi j'ai toujours eu un respect pour elle, j'la trouvais belle, forte mais à la fois tellement vulnérable. Je ne sais pas si j'avais pitié d'elle, mais j'avais l'impression qu'elle avait beaucoup à partager mais jamais personne avec qui pouvoir le faire. Parfois, il m'arrive de me sentir comme j'imagine qu'elle pouvait se sentir de son côté...enfermée dans sa tête....Plus j'y pense et plus je me dis que son incapacité de communiquer l'a probablement menée à bout, et que c'est peut-être pour ça qu'on a appris que trop tard qu'elle était atteinte de la maladie.
Quand j'ai appris qu'elle était morte, c'est là que j'ai réalisé un paquet de trucs, enfin, des trucs que je n'auais peut-être pas du réalisé à ce moment là de ma vie. Mais pour une fois, tout devenait tellement clair, tellement précis que pour moi,il ne pouvait en être autrement. En fait, c'est à ce moment là que j'ai réalisé que rien n'est éternel. Le temps est le meilleur des lubrifiants puisqu'a cause de lui tout fini par nous échapper, le bonheur est comme le vent. En tout cas, tout ça pour dire que c'est à ce moment là que j'ai réalisé que tout ce que j'avais ne m'était pas donné mais bel et bien prêté et que j'avais beau m'y accrocher de toute mes forces, tout ce que j'aime me sera un jour ou l'autre enlevé, preuve comme quoi le bonheur n'est pas quelque chose qui est donné à tout le monde. J'ai compris à ce moment précis ce que c'était d'être privé de quelque chose à laquelle on peut tenir, de savoir que quelque chose disparait pour ne plus jamais revenir, quelque chose qui ne pourra jamais être remplacé. J'en suis venu à me dire que je pouvais être heureux, mais qu'en bout de ligne, ce n'était que pour être malheureux par la suite.
J'en suis à un point de ma vie où j'ai peur d'être heureux, de peur d'en souffrir, de peur de retomber à nouveau, peur de m'attacher aux gens car je sais qu'ils ne seront pas à mes côtés pour toujours, peur d'aimer, peur d'oser, peur de vivre....peur de revivre ce que j'ai déjà vécu trop souvent déjà. Il m'arrive parfois de me dire que j'ai trop vécu. Je sais, c'est stupide et non fondé, mais il y a des jours où je n'ai tellement plus la force et la motivation de garder la tête hors de l'eau. Il y des jours où je n'ai qu'une seule envie et c'est d'en finir une fois pour toute. La seule chose qui m'en empêche, c'est de savoir que quelque part il y a des gens qui tiennent à moi comme moi je peux tenir à eux...des gens pour qui je vais devoir souffrir une fois de plus....une fois de trop.... J'ai réfléchi au cours de la journée et je crois que j'ai réussi à tiré les grandes lignes de ma vie. En fait, tout ne se résume qu'en 3 dates:
-13 mars 1986- 11h33 a.m: Je viens au monde, un peu contre mon gré. La preuve, première chose que je fais: je me met a pleuré. Très sincèrement, je crois que si j'avais été informé de ce qui m'attendais, j'aurais fait tout ce qui était en mon possible pour ne jamais voir le jour...
-5 janvier 2002: Le décès de ma grand-mère...sans commentaire
-21 juillet 2005: Rupture amoureuse, tout ce qu'il y a de plus banal parmi les choses pas banales qui peuvent m'arriver.... Enfin, l'intégral est sur ce blog, consultez l'historique si vous en avez loupé un épisode.
C'est fou quand j'y pense. Il est 2h32 du matin et j'suis devant mon ordinateur en train de décrire ma vie, comment telle chose s'est produite et bla bla bla... Au moins je me console en me disant que je suis capable de mettre le doigts sur à peu près tout ce qui fait que je suis ce que je suis, tout ce qui fait qui pense comme je le fais...tout ce qui fait que je peux être insatisfait de ma vie. Disons simplement que le hasard des choses n'a jamais joué en ma faveur... Vie de merde? Disons qu'il faut rester lucide et apprécier les bons moments qui passent, sans toutefois se faire des idées. Suis-je heureux? Suis-je malheureux? Qu'importe, dans un cas comme dans l'autre je trouverai toujours de quoi me plaindre...la vie d'éternel insatisfait, faut croire que c'est ma destinée
«Les derniers hommes sont heureux car ils ne savent pas ce que le bonheur est»
Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra