jeudi, février 09, 2006

Jours 317 et 318- Prise de conscience

Comme je le disais dans le message précédent, je crois que j'aime écrire ici parce que justement je peux y sculpter ma vie de la façon dont je l'entend, selon mon humeur, selon ce que je veux dire mais surtout selon ce que je me permet de dire ici. Disons que la censure est en quelque sorte devenue une habitude de vie en ce qui me concerne. Enfin, le fait est que de cette façon, j'ai la possibilité de garder un minimum de contrôle sur ce qui m'arrive, ou du moins sur ce que je laisse croire qu'il m'arrive. Je peux tout dire ou ne rien dire, mais ça, personne ne s'en rend compte. Je pourrais inventer un tat de conneries et probablement qu'on n'y verrait que du feu. Je suis manipulateur, j'arrive à faire croire ce que je veux par la force des mots, le choix de ceux-ci, la façon dont je les arrange. Les lettres sont comme les ingrédients constituant la nitroglycérine: mis ensemble ils peuvent devenir une arme redoutable! J'ai tendance à avoir la parole facile, l'expression n'est pas réellement un problème pour moi, même si dans bien des cas tout sort de façon incompréhensible et vraiment douteuse...le souci de cohérence sera pour une autre fois, le but du texte n'est pas là. Alors voilà, au cours des derniers jours j'ai pris conscience de toute la portée de mes paroles, de ces choses qui peuvent parfois paraitre anodines mais qui, en bout de ligne, prennent des proportions phénoménales pour en venir au point ultime où finalement tout éclate. J'ai peut-être la fâcheuse tendance à parler sans réfléchir et à me mettre les pieds dans les plats. Je parle trop, voilà tout. Il m'arrive de considérer que le plus beau cadeau que je puisse offrir à quelqu'un est bel et bien mon silence. De toutes façon, quand je parle, c'est bien souvent que mon cerveau se met à fonctionner beaucoup trop rapidement pour que ce qui sort de ma bouche soit réellement constructif, pertinant et surtout représentatif de ce que je pense vraiment. Le proverbe dit ''tourne ta langue sept fois dans ta bouche avant de parler'', c'est une chose que je devrais davantage mettre en pratique.

À certains moments dans la vie, il arrive de sentir que ce qui nous arrive est le fruit d'une quelconque suite d'événements qui semblent tous se mettre contre nous. En fait, ce n'est pas seulement une impression, mais bien une réalité dans certains cas. Présentement, je peux affirmer que je me sens mal. J'ai relu encore une fois le texte que j'ai écrit il y a de cela 4 ans maintenant (le dernier paragraphe du message précédent) et j'ai vraiment réalisé qu'en bout de ligne les rôles sont facilement interchangeables. J'en suis venu à la conclusion que je suis un rêveur. Je suis celui qui monte très très haut pour redescendre très très bas. L'ennui cependant, c'est que j'entraîne bien souvent des gens avec moi dans ma chute. Avec le temps, je réalise qu'il m'arrive parfois d'être celui qui fais tomber les autres.Le métier de bourreau est un métier difficile, particulièrement quand on peut agir comme source de bonheur et de réconfort auprès d'une personne tout en concervant ce rôle de boureau...les choses sont doublement compliquées. J'ai un sentiment, au fond de moi, qui me fait sentir comme si tout ce que je faisais ne m'amenais inévitablement qu'à l'échec, comme si les choses étaient perdues d'avance et que quoi que je fasse, quoi que je dise, je continuerais toujours à m'enfoncer d'avantage dans la foutue merde dans laquelle j'ai un tallent tout particulier pour me lancer. Je sais que je ne suis pas une personne méchante et que, bien que j'arrive à dépeindre ma vie de telle ou telle manière de façon à faire croire à peu près n'importe quoi, manipuler les gens n'a jamais figuré parmi les options que je prévilégiais ou même que je songeais aborder. Cependan, j'ai beaucoup de difficulté avec le fait que certaines personnes que j'aime et qui me sont proches finissent par souffrir par ma faute, sorte de relation à effets secondaires particulièrement désagréables. C'est à croire qu'une relation agréable est impossible, ou du moins seulement en partie. Je suis confus, désorienté mais surtout exaspéré par les situations de ce genre qui se produisent sincèrement trop souvent à mon goût. Je ne sais plus de quelle façon exprimer mes regrets pour le mal que j'ai causé à ces personnes ni de quelle façon me faire pardonner l'irréparable...enfin, disons que pour réparer une bêtise, les mots s'avèrent particulièrement impuissants.

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

T'es pas un bourreau tu sais...

La force des mots est démoniaque, et moi aussi j'arrive à faire croire ce que je veux, notamment faire croire que je suis en super forme (m'enfin ca ne tiens qu'un moment, quand même...)
Parfois des bêtises on en raconte plus que de raison, on peut faire mal sans réellement le vouloir et finalement sans même savoir pourquoi... m'enfin si ces personne t'aiment, ne te soucie pas des mots que tu emploieras : elles ne pourront pas ne pas te pardonner, quelles qu'en soient les raisons, elles te comprendront et seront encore là pour toi...

Clin d'oeil, François.

3:05 a.m.  
Anonymous Anonyme said...

J'ai découvert ton blog et je prend plaisir à te lire depuis quelques jours.

Inévitablement quand on est authentique on fini par blesser quelqu'un sans le vouloir, parce qu'il est impossible de plaire à tout le monde. Être soi-même c'est une belle qualité et intérieurement on en est conscient et fier, alors c'est très facile de se pardonner.

Inévitablement les manipulateurs finissent par blesser tout le monde y compris eux-même tôt ou tard, résultat, le remord les ronges intérieurement et ils en sont très conscients et malheureux. Dans ces conditions se pardonner à soi-même devient plus ardu.

La véritable prise de conscience est de se demander si on préfère mourrir rongé par le remord ou vivre fier de pouvoir se pardonner régulièrement.

On a le pouvoir de choisir nos imperfections...

À bientot.
Denis

3:26 p.m.  

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