mercredi, avril 13, 2005

Jour 21- Habitude

C'est fou à quel point se remettre dans la course peut être difficile. Ce n'est ni difficile ni forçant, c'est simplement que la motivation n'y est pas. En fait, le retour en classe se fait exactement comme si la grève n'avait jamais eu lieu. Le problème,c'est qu'après cinq semaine à adopter un rythme de vie différent, le retour en classe devient un peu comme sauter d'un train en marche... De façon naïve, les professeurs semblent donner les cours comme si rien ne s'était passé, comme si un vide de cinq semaine était une normalité...j'ai peine à les comprendre.Mais bon,je vais me comprendre moi-même avant de comprendre les autres.
La remise en contexte et le rythme de travail est relativement difficile, mais la vie collégiale se prend bien. Mes amis me manquaient. J'ai l'impression d'être non pas plus heureux,mais seulement moins triste. Mes amis me font réfléchir parfois,mais surtout, ils m'évitent de penser à mes problèmes. Quels problèmes? Rien de très sérieux,j'ai tendance à dramatiser, d'où mon intérêt pour le théâtre. Mais bon, avec mes amis tout est permis...sorte de psychanalise si on veut puisque je peux dire absoluement n'importe quoi avec eux,sans me soucier de la cohérence de mes paroles. Plusieurs trouvent ça débiles,je sais, mais d'un autre côté, quand c'est fait en temps et lieux,ça fait le plus grand bien. Suffit seulement de savoir doser...(j'ai du progrès à faire sur ce point).
On m'a demandé cet après-midi ce qui arriverait si nous n'existions par, si nos parents avaient donné naissance à d'autres enfants...La question n'est pas mauvaise en soi,elle porte à réfléchir sur les conséquences des différents actes,j'y ai souvent pensé en fait.Comment serait ma vie dans un autre entourrage? Étant négatif de nature, je préfère ne pas me prononcer sur le sujet, considérant évidemment que ce serait pire. Mais bon, tout ça pour en venir au fait que la réponse à la question est d'une évidence déconcertante. Si nous n'existions pas,nous ne serions même pas en mesure de nous plaindre de la situation! Les banalités de l'existence...Moins j'y pense et mieux c'est en fait. Je suis peut-être fataliste,mais j'aime mieux ne pas penser ou plutôt rêver à autre chose, on ne peut rien y changer de toute manière. Même si ma vie est parfois chiante,elle me convient parfaitement!
Je sens que ce soir,j'écris de façon plus positive que d'habitude. En fait, ma journée n'a rien eu d'extraordinaire, mais pour la première fois depuis longtemps, on dirait que j'arrive à me contenter du peu que j'ai...Mon sac à dos pèse une tonne,pas besoin de se mettre un autre poid sur le dos! J'accumule les faits cocasses dans ma mémoire, sans certitude de m'en rappeler quelques secondes plus tard. On pourrait en effet décrire ma mémoire comme un éternel cycle de vagues...ça va, ça revient. Le laps de temps écoulé entre les deux étapes varie beaucoup,mais ça,on s'en fou! Non, en fait, ce soir je crois que je vais bien...oui,je vais bien! J'ai l'esprit d'un enfant de quatre ans, tout m'émerveille, je suis bien!
Par exemple, aujourd'hui je n'ai pas pu m'empêcher de m'extasier devant la quantité phénoménale de déchets qui se retrouvent chaque semaine au bord de la rue d'un de mes voisin. C'est fou, depuis le temps que nous habitons ici, je crois que j'aurais pu récupéré le nécessaire pour pouvoir partir en appartement sans payer quoi que ce soit. En fait, ces poubelles-là sont une sorte de version bidon-ville du Uniprix: ''On trouve de tout!''. Mais bon, outre la quantité remarquable d'ordures, c'est principalement l'amoncellement qui en devient impressionnant. Placés de façon aléatoire ou de façon à pouvoir être ramassés aisement par les éboueurs?? Aucune idée. Chose certaine, ces tas de ferailles et d'objets de toutes sortes forment très souvent une composition très artistique de style post-moderne. Inévitablement, mon coeur d'enfant se met à battre chaque fois que je vois ces cochoneries gisant là, au coin de la rue,attendant désesperement d'être récupérées et/ou détruites...Sort cruel pour un art involontaire...la vie est ainsi faite.
Cette semaine,aillez une pensée pour vos éboueurs. Ils ne sont pas très sympathiques, véhiculent de mauvaises odeurs, polluent la planète...mais ils ramassent nos déchets....Vive le service public!