Jour 92- Étrange
Il m'est difficile de me comprendre, principalement ces jours-ci. On dirait que je passe d'un stade très sensible à une étape de totale indifférence dans un temps record. Mon cerveau ne fonctionne peut-être pas bien, ou il se peut que je sois tout simplement blasé. Le fait est qu'aujourd'hui au travail, c'était relativement mort, du moins entre mes deux oreilles. J'essaye de ne pas penser, de toute manière c'est peine perdue. Le bruit est sincèrement assourdissant, bref je ne m'entendrais pas moi même. Cependant j'ai remarqué aujourd'hui que ma tête est plus stupide que je ne voudrais le croire. En dialoguant intérieurement avec mon moi-même, celui qui réside dans ma tête, j'ai réalisé que le discourt contenait non seulement des erreurs de prononciations, mais aussi que je déparle. Je fais même des lapsus. Ça augure bien. J'crois que c'est un signe flagrant que j'ai besoin de repos, mais surtout de temps pour réfléchir, mettre les choses au clair car je suis plus embrouillé que jamais.
On distingue trop l'homme de l'animal, chose stupide selon moi. C'est la même chose en bout de ligne. Mais bon, faut comprendre que l'homme est une créature narcissique, faut donc pas se poser de question s'il s'auto-proclame créature appartenant à une catégorie ''dominante'' et qu'il se dissocie complètement du reste du règne animal par pure égocentrisme. Enfin bref, aujourd'hui, je me suis senti beaucoup plus près de l'animal que de la ''créature rationnelle'' que je devrais logiquement être de par mon code génétique. En fait, j'avais envi de sang, de voir quelqu'un souffrir, quelqu'un se vider, s'affaiblir, agoniser et mourir sous mes yeux. Il y a des jours comme ça où ce serait la plus grande satisfaction qui pourrait m'être donnée. Cependant, j'ai été un peu surpris car cela ne m'était pas arrivé depuis plusieurs mois. Ce n'est pas habituel, mais en même temps j'en ris toujours puisqu'à chaque fois je ne peux m'empêcher de penser à tout mon potentiel créatif lorsqu'il est question d'acte de violence porté sur une tierse personne: les autres employés de l'usine dans le cas d'aujourd'hui. Mais bon, tout ça pour dire qu'à défaut de pouvoir tuer quelqu'un, je me suis contenté de colorier à l'aide d'un stylo qui ne coûte pas cher et qui ne vaut par le fait même pas plus cher, mes veines qui ressortaient beaucoup aujourd'hui. Une ligne bleue, une autre suivie d'une autre...Ainsi de suite jusqu'à aboutir à un semblant de système sanguin presque élaboré sur mon bras qui devenait finalement une sorte de grillage bleu, inutile et particulièrement insignifiant sur mon bras. Ressortir des caractéristiques physiques, les rehausser, question de montrer que je suis moi-même comme un animal.

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