jeudi, juillet 28, 2005

Jour 124- Sortie

Se changer les idées, ça change le mal de place. Au lieu d'avoir le coeur qui souffre, c'est le compte en banque qui commence à rescentir un certain inconfort. Enfin, j'en suis pas encore au stade de dépenseur compulsif, j'suis trop gratteux pour ça. N'empêche, je crois avoir acheté assez aujourd'hui pour me priver de magasinage pour les 5 prochaines années. Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, je vais bien, du moins je vais mieux.

Parler, parler, parler...toujours parler. Finalement, tourner le fer dans la plaie peut être plus bénéfique que je ne le croyais. On fini par devenir résistant à la douleur, pas tout à fait imperméable, mais tout de même plus apte à la subbir. Une bonne chose donc, à petite dose du moins. Enfin, c'est comme pas mal tout. Mais je crois que pour la première fois, je peux vraiment confirmer qu'un mauvaise expérience apporte son lot d'apprentissage et de bénéfices. Alors, allé, pendant qu'on y est, pourquoi pas profiter du célibat?

En fait, aujourd'hui, j'ai réalisé quelque chose que je m'étais refusé d'admettre jusqu'à aujourd'hui. Bon je sais que je suis loin d'être un de ces models de Calvin Klein avec des abdos sur lesquels on pourrait râper du fromage et avec des pectoraux plus gros que les seins de ma soeur, mais quand même, parraîtrait-il que je suis ''mignon''. Compliment? Pas certain. Enfin, j'attires les regards, ça c'est certain. Mais bon, j'ai toujours fait fuir les gens alors, c'est peut-être le dernier coup d'oeils qu'ils me porteront avant de prendre leurs jambes à leur coup. Peu importe, le fait est que j'ai réalisé aujourd'hui qu'on me regardait beaucoup plus que je ne le voudrais. Quel malaise! Je sais que c'est excessivement narcissique de le dire, très égocentrique et purement vantard, mais pourtant, quand je l'ai réalisé, j'ai vraiment rescenti pendant quelques secondes que j'avais le monde à mes pieds. Je sais que j'ai une volonté de fer et qu'avec un minimum d'effort je pourrait peut-être même tout avoir, et sincèrement, ça me traumatise au plus haut point. Moi? Qui suis-je? Bordel, quand j'y repense, c'est lamentable! Il y a de cela quelques années, je n'étais tellement rien, et puis là, sans crier garde, soudaine ''popularité''. Du moins, plus populaire que jamais, sans l'être réellement celà dit. Enfin, tout ça pour dire qu'intérieurement j'me sens, comment dire....comme une pute! Voilà! Bon, il faut faire abstraction de toute la définition de tâches, mais sentir qu'on pourrait devenir objet de fantasme, et ce seulement en un simple regard en croisant une personne dans la rue, je dois dire que ça me perturbe. Moi qui, il y a de cela quelque temps, ne demandait qu'un minimum d'attention, un compliment, me voilà en overdose! J'en ai marre d'être moi-même.Je voudrais savoir ce que je veux, mais encore là, je ne sais pas ce que je veux, donc je ne peux affirmer que je voudrais le savoir. La vie est parfois si complexe. Trois lettres et une définition interminable, la langue française est si bizarre parfois.

J'ai discuté longuement avec une amie aujourd'hui. On a passé la journée ensemble, on a parlé de tout et de rien, de ce qui va et de ce qui ne va pas, de notre avenir, bref une conversation normale entre gens civilisés. J'ai appris beaucoup sur elle, ça m'a plu. En discutant, j'ai appris que je n'étais pas seul à vivre le drame familial que je vis présentement. Aillant tous les deux étudié ensemble au cours des deux dernières années, nos visions respectives de la vie et de l"avenir ont évoluées en empruntant des chemins relativement près l'un de l'autre.Tout ça pour dire que, de son côté aussi, elle se sent rejetée, ou plutôt exclue par rapport aux autres. D'une certaine façon, nous avons tendance à nous isoler nous même, trop prisonniers dans nos idées et fort peu à l'aise avec les idées que les autres ont pu développer par rapport à leur propre expérience, expérience différence de la notre. Ce n'est pas une question de raison ou de tors, ce n'est que le fait qu'on puisse se sentir incompris. L'inconnu nous fait peut-être peur, le fait est que plus le temps passe, et plus j'ai l'impression que, comme un philosophe grec l'avait si bien dit '' pour vivre heureux, vivons cachés! ''. Se planquer? Pas certain que la solution soit la bonne. Enfin, le problème n'est pas encore tout à fait cerné, on verra plus tard pour la solution...