jeudi, juillet 07, 2005

Jour 105(suite)- Version 2.1 l'ennui

C'est long, tellement long. On dirait que le temps est instable. Un moment passe à une vitesse folle et puis le suivent semble s'être presque arrêté dans le temps. L'horloge biologique s'essoufle. Le pire dans tout ça, c'est que je commence à peine à m'emmerder et en parler , quoi que je puisse en penser, n'aide en rien. Même écrire n'arrive pas à disciper cet ennui, fort probablement parce que c'est de l'ennui dont je parle.Enfin bref, je m'ennui à mourir. Je me demande s'il y a un seuil critique d'emmerdement que le corps humain est en mesure de supporter. Si une telle limite existe bel et bien, qu'est-ce qui peut arriver si on franchit le cap? J'en sais trop rien, et sincèrement je n'ose même pas imaginer la réponse, de peur qu'elle soit encore plus ennuyante que la situation qui a engendrée cette question dans mon cerveau.

Je n'ai rien à faire, j'écris, c'est au moins ça. Il y aurait pourtant tellement de choses à faire, mais je ne peux même pas les envisager. Pas le temps de faire ce que que je voudrais, ou plutôt pas assez de temps pour tout faire. Je crois que le temps ne m'aime pas. En fait, il n'avantage personne, mais il semble prendre un malin plaisir à s'acharner sur moi, à mon grand désespoir. On devrait lapider l'abruti qui a inventé la notion de temps....tout serait si simple sans ça: pas de stress, pas de conflit d'horraire, pas de routine...

Qu'est-ce que je donnerais pour ne pas avoir à travailler, ou du moins pas à l'endroit où je travaille actuellement. Je n'avais jamais réalisé à quel point 12h ça pouvait être long, principalement quand c'est passé en mauvaise compagnie dans un environnement particulièrement déplaisant...douze heures à travailler sans toutefois sentir que ce que l'on fait donne quelque chose en bout de ligne. Je m'ennui tellement.

En fait, ce qui me manque en ce moment, c'est d'être heureux. Grosso modo, il ne me manque que deux choses: un endroit où je me plais et des gens qui me plaisent ( on se cachera pas qu'il y a tout de même une personne en particulier avec qui je voudrais être à tout instant ).

Mes amis me manquent, mon amour me manque..ma vie me manque. On dirait qu'elle est mise en attente chaque fois que je part pour le travail et qu'elle tarde à se réactiver quand je suis de retour.Je m'ennui, je me sens si seul, pourtant je ne le suis pas. Je n'ai jamais été aussi près des gens que j'aime que je ne le suis présentement, pourtant j'ai l'impression d'être si éloigné d'eux, tellement loin. J'aime les personnes qui me sont chères à un point inimaginable. Je crois qu'il y assez de place dans mon coeur pour les gens que j'aime qu'il y a d'ignorance dans mon cerveau, donc c'est peu dire!

J'ai peur de tout perdre. Le temps a tendance à effacer le passage des hommes. En astronomie, on a vu que l'eau avait effacé la plupart des traces d'impacts météoritiques sur la surface de la Terre. J'ai beau pleurer, les larmes n'effacent pas mon désespoir et mes inquiétudes. Même la douche n'y change rien. Je tourne trop le fer dans la plaie, aucune chance de guérison, douleur en prime!Ce n'est pourtant pas en m'apitoyant sur mon sort que cela risque de changer.

J'ai peur de perdre ceux que j'aime, je dois changer. Peut-être pas de A à Z, mais au moins de A à B pour commencer. Pas de changement radical en vue, seulement un petit effort sur moi même, question de diminuer l'inquiétude, prendre confiance, tourner la page sur le passé pour une fois et me diriger vers l'avant. Je sais ce que je veux, j'aspire à l'amélioration mais je ne l'obtiendrai pas en restant les bras croisés. J'ai trop souffert de perdre des gens. Le deuil d'une personne chère est une chose pénible mais le deuil d'une relation avec une personne qui est toujours vivante et que l'on continu à cotoyer est quelque chose d'encore plus atroce à vivre, je ne veux plus souffrir et pour cela, je ne dois plus faire souffrir les autres.