Jour 185- Volonté
Plus j’essaye et moins je réussis. Je sais que je vais encore me faire ramasser par mes amis pro optimisme qui n’en peuvent plus de me voir dans un état qui s’apparente fort probablement à la dépression; mais pourtant les faits sont là. Chaque tentative que je fais s’avère être un lamentable échec. Enfin, pas sans tous les domaines, mais sur certain points plus particulièrement, je dois avouer que j’ai cette fâcheuse tendance à me planter à tout coups.
Les gens me demandent pourquoi j’agis de telle ou telle manière. Est-ce que j’ai vraiment le choix? Je n’ai jamais eu l’occasion de croire que quelque chose pouvait bien marcher, alors pourquoi commencerais-je cette fois-ci? À trop me fixer d’attentes comme je le fais malheureusement trop souvent, on ne fait que s’empoissonner la vie. À trop se protéger on n’arrange pas les choses non plus en fait. C’est tout ou rien!
Je voudrais…
J’en demande trop peut-être? Pas assez réaliste? J’ai souvent l’impression de vivre dans un monde qui n’est que le mien, que personne d’autre ne peut comprendre, peut-être parce que je ne leur donne pas la chance de le comprendre, étant dans l’incapacité de le faire moi-même. J’aimerais que les gens puissent m’accepter, autant avec mes qualités qu’avec mes défauts. Personne n’est parfait, j’en ai conscience. En chaque personne que j’apprécie je pourrais nommer un défaut. Mais pourtant, j’ai le sentiments que pour bien des gens, la simple présence d’un léger défaut suffit pour qu’ils veuillent couper les ponts. Je remet souvent en question ma part des responsabilité dans ce qui m’arrive. En fait, j’ai surtout le sentiment que dans la majorité des cas j’en arrive à des conclusions qui sont faussées par mon manque de confiance en moi : beaucoup plus facile de me blâmer moi-même après tout.
En fait, j’ai simplement l’impression que j’existe, voilà tout. Pour la première fois depuis…peu importe. J’existe, je le sais..je le sais trop. J’ai des hauts, j’ai des bas, j’ai de la peine, de la colère, quelque fois de la joie, des besoins, des droits, des devoirs. Tout y est pour me dire que je suis, j’existe. Pas toujours rose la vie quand on la voit sous cet ange. L’ennui c’est surtout que le cerveau fonctionne exactement comme un ordinateur. Le simple fait qu’un certain fichier soit sur le disque dur nécessite un minimum d’espace mémoire, même si le fichier en question est vide. J’ai parfois l’impression que le simple fait d’avoir conscience de ma vie, de ce que je suis, de mon existence, de mon passé, de mon semblant de présent et de mon futur utopique prend déjà beaucoup trop de place dans ma tête.
Les choses pourraient être tellement simple, mais où en serait l’intérêt? Je voudrais pouvoir dire que tout ça ce n’est pas pour moi, que les choses finiront par bien aller, que tout se replacera, que le Soleil se pointera, que le ciel sera vert et que gazon se mettra à chanter… À quoi bon m’en faire à croire? Je sais que les choses sont ce qu’elles sont. J’aurai peut-être ma chance un jour, mais je sais que sur ce coup-ci, j’ai pendu la mienne et je devrai attendre patiemment et remonter la côte avant de pouvoir y accéder. Un jour je serai heureux, mais pas aujourd’hui.

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