mercredi, octobre 05, 2005

Jour 192- Damnation et purgatoire

J'ai l'impression que la mort serait moins cruelle que de me lever chaque mardi matin. Si plusieurs détestent les lundi, j'ai l'impression que le mardi est le jour que je déteste le plus. Enfin, il y a toujours cet instant béni où il est impossible de réellement saisir l'espace-temps, moment précis où tout est tellement flou que le simple sentiment d'exister se mélange avec la sonnerie du réveil. Quand la conscience revient cependant, c'est là que les choses se corsent et que les mots ''ha merde pas encore un cours de dessin'' font rapidement surface.

Je n'aurais jamais pensé pouvoir détester un cours à ce point, et pourtant. En fait, je ne pourrais pas dire pourquoi je n'aime pas de cours car j'aime bien dessiner. Je crois cependant que mon aversion vient du fait que j'ai tendance à toujours vouloir tout réussir et que visiblement pour l dessin je ne suis pas encore rendu à ce stade. Enfin, disons que le plaisir s'efface rapidement lorsqu'il est question d'évaluations, c'est malheureusement la dure réalité de l'école. Le critère de performance étant malheureusement présent, il est difficile d'en faire abstraction et de se concentrer sur autre chose. Tout serait si simple si on n'avait pas à vivre dans le regard des autres et encore moins dans montre propre regard en fonction des autres. J'ai la fâcheuse tendance à me comparer à ceux qui m'entourent: mauvaise idée. Personne n'est au même niveau, peu importe de quoi il est question alors les comparaisons sont quelque peu inutiles. Mais pourtant, se fixer un objectif est parfois bien plus décevant qu'encourrageant. On dirait que peu importe le but qui est l'objet de ma convoitise, j'ai le sentiment que je n'y arriverai pas.

On m'a dit que j'étais trop coincé, trop cérébral et que j'avais trop peur de me tromper. Bonne chose ou mauvaise chose?? Aucune idée, le fait est que ça ne m'avance pas trop. Tenter d'y remédier serait en même temps renier ce que je veux, ce que est moi et qui fait que ce que je cré est ma création et pas celle du voisin. Ma personnalité n'est pas totalement définie j'ai l'impression, mais pourtant dans ce que je fais il y a une constante. En fait, plus j'y pense et plus je crois que par l'analyse de mes productions on pourrait très facilement tirer les grandes lignes de mon MOI, trouver à travers l'oeuvre ce que l'auteur est, pense et fait.

J'ai essayer de me laisser aller un peu plus. Le résultat fut en quelque sorte concluant. Rien d'épouvantable n'en est sorti mais en même temps j'avais l'impression de ne pas me reconnaitre et de simplement faire ce qu'on me disait de faire plutôt que de faire ce que je désirais réellement faire. J'ai besoin de temps tout simplement, ma démarche est-elle si inadéquate? J'en sais trop rien, mais le fait est que j'ai du mal à suivre le rythme. Libération du stress et diminution des frustrations sont au rendez-vous, après tout l'erreur est humaine et la perfection n'est pas de ce monde(jusqu'à preuve du contraire), mais d'un autre côté est-ce vraiment ce que je veux faire? J'ai de plus en plus la conviction que non. Le choix est à faire entre la facilité et la complexité. Inévitablement je choisi(comme toujours) la complexité sans trop savoir pourquoi: la nature ne s'explique malheureusement pas toujours...Voilà,c$'est mon petit enfer hebdomadaire.

La fin du cours s'annonce toujours comme une véritable bénédiction, ou du moins comme une entrée au purgatoire si on se fie aux étapes de la Divine Comédie. Enfin, le retour chez-soi s'annonce toujours des plus agréables après une telle épreuve(et le terme est bien choisi). Mais bon, comme on le dit si bien ici mais pas en Suisse: faut passer à travers. Enfin, les choses se placent rapidement à la sortie, tout redevient normal, la tension descend et on fait tout ce qui est en notre possible pour oublier que la semaine suivante il y aura un cours.L'oubli est une arme de choix pour les maux de toutes sortes!